Quand se creusent à nouveau les traces...

Quand se creusent à nouveau les traces...
Je reviens, ma main enserrant celle de la douce Ophélia. Hamlet est mort, Henry aussi alors nous voilà comme deux vierges endeuillées à cueillir des fleurs, à échapper à la hantise des hommes. Nous voilà mais surtout me revoilà, peine d'un sang nouveau et énergique, prête à vous offrir toute la douceur et toute la simplicité dont je suis capable. Je vais me dénuder de ces voiles de maquillage, de ces voiles de rires ici.
Alors avec Ophélia voici notre première fleur...un coquelicot bien entendu.
A vous de vous balader dans nos chemins parfumés....

# Posté le samedi 06 juin 2009 10:18

Aux vainqueurs

Aux vainqueurs
Je suis venue, j'ai tout vu, et j'ai été vaincue.
Vainque par moi-même, par cette raison mais ça saute encore parfois. Alors je danse jusqu'au bout de ma nuit, je pars dans cette végétation et je m'endors. Je pars dans un pays que je peux fermer à clef désormais: mon delirium. Je pars, je pars, je pars et je sens la lourdeur de ma marche, je sens cette fatigue dans mon corps.
Je suis vaincue par la lourdeur de l'air et par ma résignation. Oui, j'en ai décidée ainsi mais c'est comme le clocher de l'injustice qui me fauche par son poids et par son son.
C'est le clocher d'une église mystérieuse, c'est l'église d'une religion sauvage, païenne. C'est la religion de mon ça.
Ainsi je m'enfonce dans la terre seule et pas à pas, grain de terre par grain de terre. Et les nuages sont d'un gris satiné dans le ciel en ces jours là, quand cette vérité s'impose à moi, quand je l'inscris.
J'ai été vaincue par cette passion, par cette obsession, par l'écriture comme il y a quelque temps déjà.
Mais qui est donc mon vainqueur? Toi mon lecteur j'espère. Cette défaite qu'est la mienne t'aura purgée, voilà à quoi je rêve...

# Posté le samedi 06 juin 2009 10:53

C'est cela

Quel est mon voyage? Quelles sont mes ailes? Où est tout ce qui est sensé exister? Pourquoi dois-je me plier à ces règles sans but?




Tout me ramène à des gouttes, à l'eau, tout me ramène à cet inconfort. L'inconfort de devoir marcher vers des lumières, sans trêve, ni abandon autorisé.
On se sent fort mais sur les routes, nous nous mélangeons vite à la boue. Une pluie aveuglante devient nptre tissu, notre matière.
C'est juste bon de sentir quelque chose remarquer notre présence en glissant sur nous.
Et finalement on s'allonge là et on attend cette unique goutte rouge
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 06 juin 2009 17:48

Did I pass?

Did I pass?
Dans les ailleurs, dans les forêts, dans des herbes aux senteurs fraîches, se verse de l'eau en travers de mon corps.
Les pensées en voile, je me retrouve. Je repense à ce que j'ai exprimé, à ce que j'ai permis en mouvements à mon corps. Fini l'année, fini les regards, fini les doutes, fini trembler, fini la conversation, fini le jeu, fini cette fatigue.
Je n'ai plus de mots à donner (ou bien sont ils si nombreux?)
Que quelqu'un m'injecte quelque chose dans le sang, pour me calmer, pour me faire convulser, pour que l'eau devienne d'or, que le Nature se fade, pour que mes cheveux, devenus ronces, baignent dans le Styx.
Puisque cela ne peut être éternel, que je ne peux pas m'achever, puisque ma peau luit comme celle d'une danseuse et exhale comme les fleurs baignant Ophélia la sans-vie, puisque j'ai pardonnée: j'extraie ma chair lourde de tissu de la terre humide.
Me voilà, arrachée, dénaturée, me voilà. Entendez vous comme explose l'écho de ma main qui se balance?
M'entendez vous?

# Posté le samedi 13 juin 2009 16:58

premier mouvement

premier mouvement
Je suis seule sur le manège, je suis seule à courir sur les pelouses bien taillées. Je suis seule. Est-ce bon?
Je m'allonge avec lenteur, je peux tordre mon corps, danser, je peux me dire que je suis belle, je peux me mentir.
Et je n'ai plus à parler, il n'y a plus de quoi, il n'y a plus avec qui. Je peux ne pas posséder de réponses, je n'ai plus rien à garder, à agripper par ma parole.
Les herbes s'élèvent vers les rayons, leur gourmandise de lumière est sans limite et moi je ne peux qu'attendre la nuit.
Je suis seule et j'ai du respect pour moi même. Je suis seule, je n'aime plus, je suis seule et je n'espère plus être aimée. Je n'ai que moi. Je n'ai que ma tête pour me rappeler la chaleur douloureuse de cette après-midi là.

Je n'ai plus de papier où saigner, je n'ai plus de fer pour me trancher, je n'ai plus de nourriture pour la vomir. Je n'ai que moi. Je n'ai que ma bouche que j'arrive enfin à garder close. Je n'ai plus, mais ai-je réellement jamais eu quoique ce soit? N'ai-je pas fait que me donner depuis tout ce temps?

C'est agréable de s'allonger là, de regarder les lampadaires, de se dire que leur éclat va émaner de votre ½il. C'est agréable de s'oublier dans cette luminosité singulière, solitaire, inconnue.

Tout ne peut plus s'arranger. Quelqu'un a brisé mon mur. Et ainsi ma parole a été étouffée par la poussière.
Ainsi je mords dans les fleurs qui frôlent ma bouche par peur de hurler et de me souvenir de ce vide d'avant.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 25 juin 2009 18:00

Modifié le vendredi 26 juin 2009 08:29